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Les risques naturels ont-ils une saison ?

25 sept.
4 min de lecture

Feux de forêt en été, inondations à l’automne, avalanches en hiver…

Nous associons spontanément certains risques naturels à certaines périodes de l’année. Pourtant, ces repères deviennent de moins en moins stricts.

Les saisons existent toujours, mais les risques naturels débordent de plus en plus de leurs périodes habituelles. Les épisodes de chaleur peuvent commencer plus tôt, les sécheresses se prolonger, les pluies intenses survenir hors des calendriers attendus et certains phénomènes se succéder ou se combiner.

Autrement dit, il existe bien une saisonnalité des risques, mais elle est aujourd’hui moins nette, plus variable et surtout plus dépendante du territoire et des conditions météorologiques réelles que du seul calendrier.

Alors que l’automne s’installe, c’est l’occasion de s’interroger : les risques naturels ont-ils encore vraiment une saison ?

Été : incendies, sécheresse et sols argileux

L’été est naturellement associé au risque de feux de forêt et de végétation. L’été 2026 a été marqué par plus de 14 000 feux recensés dès la fin juillet et par une surface brûlée record en France.

Les périodes de chaleur et de sécheresse favorisent l’assèchement des sols et de la végétation, créant des conditions plus propices au départ et à la propagation des incendies.

Mais la sécheresse peut également avoir des conséquences beaucoup moins visibles : celles liées au retrait-gonflement des argiles, ou RGA.

Les sols argileux sont particulièrement sensibles aux variations de leur teneur en eau : ils se rétractent lors des périodes sèches puis gonflent lorsqu’ils se réhydratent. Ces variations peuvent entraîner des mouvements de terrain et provoquer des dommages importants aux constructions, notamment des fissures.

Selon le ministère de la Transition écologique, 12,1 millions de maisons individuelles existantes sont aujourd’hui situées dans une zone d’exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles. Le ministère souligne également que les épisodes de sécheresse suivis de fortes pluies peuvent favoriser l’apparition de fissures sur les bâtiments.

L’été peut donc préparer des phénomènes dont les conséquences apparaîtront parfois plusieurs semaines ou plusieurs mois plus tard.

Automne : quand l’eau revient au premier plan

À mesure que l’automne avance, les fortes précipitations, le ruissellement et les inondations retrouvent une place importante parmi les risques naturels.

Le ministère de la Transition écologique rappelle que l’inondation constitue le premier risque naturel en France au regard de l’importance des dommages, du nombre de communes concernées et des populations exposées. Dans les régions méditerranéennes, les pluies intenses susceptibles de provoquer des inondations soudaines surviennent principalement entre août et décembre.

Météo-France identifie plus précisément une période particulièrement favorable aux épisodes méditerranéens entre septembre et mi-décembre.

La mer encore chaude favorise alors l’évaporation et alimente en humidité des systèmes orageux parfois très intenses. Plusieurs mois de précipitations peuvent tomber en seulement quelques heures ou quelques jours.

Les conséquences peuvent être multiples : crues, inondations soudaines, ruissellement ou coulées de boue.

Et là encore, les saisons interagissent : après une période estivale sèche, le retour de l’humidité peut provoquer le gonflement de certains sols argileux et participer aux désordres observés sur les bâtiments.

Hiver : avalanches et crues

Avec l’hiver, le risque d’avalanche devient naturellement plus présent dans les territoires montagneux.

En France, environ 600 communes sont exposées au risque d’avalanche, selon les données publiques de prévention des risques.

Mais l’hiver n’est pas uniquement synonyme de neige.

Les pluies longues et régulières peuvent également provoquer des crues importantes dans certains bassins hydrographiques. Les documents de référence de Vigicrues identifient notamment des pluies d’automne et d’hiver, parfois durables, susceptibles de générer des crues puissantes.

Sur le bassin de la Seine, par exemple, certaines crues se produisent principalement entre la mi-décembre et le mois d’avril, avec un risque particulier en janvier et février.

Il n’existe donc pas une seule saison de l’inondation : sa temporalité dépend fortement du territoire, du régime des cours d’eau et des conditions météorologiques.

Printemps : une saison de transition

Le printemps est probablement la saison que l’on associe le moins spontanément aux risques naturels.

Pourtant, les sols peuvent encore être fortement chargés en eau après l’hiver, tandis que la fonte nivale peut contribuer à augmenter le débit de certains cours d’eau.

Dans les zones montagneuses, certains bassins présentent ainsi un régime dit nivo-pluvial, avec des hautes eaux liées notamment à la fonte des neiges au printemps.

Puis les températures remontent progressivement.

Les sols s’assèchent, la végétation évolue et le cycle des risques estivaux peut recommencer.

Les risques ne fonctionnent pas en silos

Cette succession des saisons permet surtout de comprendre une réalité fondamentale :

un risque naturel ne peut pas être totalement isolé de son environnement et des autres phénomènes qui l’entourent.

La sécheresse peut influencer le comportement des sols.

Les fortes pluies peuvent provoquer à la fois des inondations, du ruissellement ou certains mouvements de terrain.

Le relief peut accentuer certains phénomènes.

La nature du sol, la végétation ou la proximité d’un cours d’eau peuvent modifier l’exposition d’une parcelle.

Les risques naturels ont donc bien une forme de saisonnalité, mais celle-ci n’est jamais absolue.

Un phénomène peut survenir en dehors de sa période la plus habituelle et les conséquences d’une saison peuvent parfois ne devenir visibles que lors de la suivante.

Un risque n’est jamais qu’une couleur sur une carte.

Pour l’immobilier, cette réalité rappelle l’importance de ne pas réduire l’information sur les risques à la simple présence ou absence d’un zonage.

Deux biens situés dans une même commune peuvent présenter des environnements très différents.

Comprendre l’exposition d’un bien suppose donc de croiser les informations réglementaires avec la réalité du territoire, de la parcelle et de son environnement.

L’information réglementaire constitue une base indispensable.

Mais lorsqu’elle est vérifiée, contextualisée et expliquée, elle peut dépasser la seule obligation documentaire et devenir un véritable outil de compréhension du bien immobilier.

Et finalement, de confiance dans la transaction.

Sources

Ministère de la Transition écologique, « Retrait-gonflement des argiles dans la construction », mise à jour le 9 avril 2026. Consulter la source

Ministère de la Transition écologique, « Maisons fissurées : le Fonds de prévention argile élargit ses critères », 9 juin 2026. Consulter la source

Ministère de la Transition écologique, « Ayons les bons réflexes face aux pluies intenses et inondations soudaines », mise à jour le 27 août 2026. Consulter la source

Météo-France, « Qu’est-ce qu’un épisode méditerranéen ? », 26 août 2025. Consulter la source

Vigicrues, documentation des services de prévision des crues sur les régimes hydrologiques et les périodes de crues.

Géorisques / État, « Avalanche » : environ 600 communes françaises exposées au risque d’avalanche. Consulter la source

 

 

 
 
 

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